Trek'in Gazelle : Trois alumni de l'ESCAET racontent leur aventure

Corinne Sanjulian, Samira et Louise sont toutes trois diplômées de l'ESCAET, promotion 2004-2007. Amies depuis leurs années d'études, elles ont relevé ensemble le défi du Trek'in Gazelle, une course d'orientation 100 % féminine et éco-responsable, en plein désert marocain. L'ESCAET a eu le plaisir de soutenir leur aventure en tant que partenaire. Rencontre avec trois femmes inspirantes.

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours depuis l'ESCAET ?
Corinne : J'ai intégré l'ESCAET en 2004 dans la filière Corporate et j'en suis sortie en 2007. À la suite de mon stage de fin d'études chez Arkema à Lyon — une mission de consolidation des achats travel —, j'ai découvert les achats et développé une vraie passion pour ce domaine. J'ai ensuite été embauchée chez IBM à Paris, dans une cellule de conseil spécialisée dans la mutualisation des volumes travel. Je négociais des contrats hôteliers, aériens et d'agences de voyages pour le compte de grandes entreprises comme Danone ou GDDR. Trois ans plus tard, Arkema m'a rappelée pour piloter le déploiement d'un outil de réservation en ligne et globaliser leur portefeuille travel à l'échelle mondiale. J'ai ensuite évolué vers la responsabilité des achats de services, avant de vivre le spin-off qui a donné naissance à Kem One. J'y ai co-construit la direction des achats de zéro, recruté des équipes, défini les portefeuilles. Après avoir créé un service interne pendant 7 ans, je suis aujourd'hui Responsable de la Transformation de la Supply Chain chez Kem One. Je viens d'accepter un nouveau défi : Head of Business Department, à partir de juin prochain.
Samira : Je suis également promo 2007, mais dans la section Loisirs, même si j'avais déjà une forte appétence pour le corporate travel. Mon stage de fin d'études chez Nestlé, en tant qu'acheteuse voyage, m'a ouvert une première belle porte. J'ai ensuite construit mon parcours par opportunités : j'ai rejoint Trois Mundi, une toute petite agence à l'époque — j'étais la 7e employée, ils sont aujourd'hui plus de 400 — et j'ai participé activement à sa croissance, passant de Business Travel Consultant à Head of Account Management, puis Head of Customer Service. J'ai ouvert les bureaux de Barcelone, créé le département Qualité, managé la technologie en transition, avant que Trois Mundi soit rachetée à 100 % par FCM en 2019. J'y ai ensuite créé et développé le département Meetings & Events pour la France, la Suisse et l'Espagne. En 2023, j'ai pris le temps de souffler, de prendre soin de moi et de ma famille. Je suis aujourd'hui freelance dans l'événementiel et l'hospitality, et je mène en parallèle une mission de conseil en achats MICE pour un client.
Louise : Même promo, section Corporate. Ma spécialité, c'est la technologie dans le voyage. Grâce à Sarah Tissot, une ancienne de l'ESCAET, j'ai décroché un stage à Londres en tant que Sales Coordinator, et j'y suis restée. Après un retour en France où j'ai travaillé brièvement avec Corinne chez IBM — les achats n'étaient pas vraiment faits pour moi —, je suis repartie à Londres. J'ai travaillé quatre ans chez Travel Fusion, spécialisé dans la connexion des compagnies aériennes avec les GDS et OTAs, puis chez TripAdvisor pendant sept ans, où je gérais les connexions CRS, PMS et Channel Managers. Après une expérience chez Duffeld, je suis depuis près de deux ans Senior Account Manager chez Hotel Trader, une solution de connectivité directe entre hôtels et distributeurs. Je prends des responsabilités managériales dès le mois de mars.
Comment votre amitié a-t-elle évolué depuis l'ESCAET, et comment le réseau de l'école a-t-il influencé votre parcours ?

On ne s'est jamais perdues de vue depuis vingt ans. Nous avons même été colocataires pendant nos études. Depuis, on a assisté aux mariages des unes et des autres, on est marraines de nos enfants respectifs. Et depuis quinze ans, on passe chaque été une semaine de vacances ensemble — on est 27 quand on est au complet ! Le noyau, c'est l'ESCAET : certains viennent de notre promo, d'autres des promotions voisines.
Le réseau a aussi eu un impact direct sur nos carrières. Louise a décroché son premier poste à Londres grâce à une ancienne de l'école. Corinne a recruté des stagiaires ESCAET chez IBM et Arkema, dont certains ont poursuivi leur carrière à ses côtés chez Kem One. Samira a intégré Trois Mundi en partie grâce au réseau filleul-parrain de l'école. Ce réseau, il est vivant et concret.
Qu'est-ce que le Trek'in Gazelle et pourquoi avoir choisi de relever ce défi ensemble ?
Le Trek'in Gazelle est un challenge sportif 100 % féminin, 100 % éco-responsable, sous forme de course d'orientation en plein désert. Pendant quatre jours, en totale déconnexion numérique, les équipes de trois personnes doivent suivre le parcours qu'elles ont elles-mêmes tracé, avec boussole et cartes. Le facteur temps n'est pas le critère principal : ce qui compte, c'est la précision et la capacité à se dépasser.
L'idée est née lors d'une semaine de vacances entre amies, quand une autre ancienne de l'ESCAET, Cécile Brunet, a évoqué l'envie de se lancer dans ce défi. Très vite, nous avons voulu toutes y participer : nous étions finalement neuf, réparties en trois équipes de trois. Pour nous, c'était l'occasion de vivre une aventure hors du quotidien, de repousser nos limites — sportives et émotionnelles — et de faire quelque chose d'inattendu. Aller chercher le dépassement de soi, ça, ça ne se programme pas toujours facilement quand la vie est bien remplie.
Quelles compétences acquises à l'ESCAET vous ont été utiles pendant le trek ?
La première chose qui vient à l'esprit, c'est le travail en équipe. À l'ESCAET, on travaillait constamment en groupe — écoute, respect des avis de chacun, gestion des désaccords. Dans le désert, lâchées sans téléphone, ces réflexes ont été précieux. On s'est fixé une règle dès les stages de préparation : si l'une d'entre nous a un doute sur l'orientation, on s'arrête, on pose les cartes et on recalcule ensemble. On a su mettre cela en pratique.

Se connaître en profondeur a aussi été un atout majeur. On savait nos forces, nos limites, notre façon de gérer la pression. Quand des tensions sont apparues — et elles l'ont été —, on a su les désamorcer naturellement. On s'est même découvert des qualités insoupçonnées : Samira, par exemple, marche droit sans boussole. Ce genre de détail change tout dans le désert !
Pourquoi était-il important pour vous d'être soutenues par l'ESCAET pour ce projet ?
Quand on s'est demandé à qui on pouvait naturellement demander du soutien, l'ESCAET s'est imposée comme une évidence. C'est là qu'on s'est rencontrées, c'est là qu'on a appris à travailler en équipe et à sortir de notre zone de confort. Le logo de l'école sur nos sacs dans le désert, ça avait vraiment du sens. L'ESCAET, c'est bien plus qu'une école — et cette aventure en est la preuve.
Les fonds récoltés ont permis de soutenir deux associations : le Secours Populaire, partenaire officiel du Trek'in Gazelle, et L'Enfant Bleu, association de lutte contre la maltraitance infantile, que nous avions choisie.
Qu'avez-vous ressenti en retrouvant d'autres ancien(ne)s de l'ESCAET sur place ?

Avant le départ, on avait consulté la liste des participantes publiée sur le site du Trek'in Gazelle, et on est tombées sur le nom d'Anne Lachesse, une ancienne de notre promo. On s'est retrouvées sur place avec beaucoup de plaisir. C'est ça aussi la magie du réseau ESCAET : même quand on ne se voit pas régulièrement, les retrouvailles sont toujours chaleureuses. Qu'il s'agisse des salons professionnels, des soutenances ou maintenant d'un trek dans le désert !
Qu'est-ce qui fait, selon vous, la force du réseau alumni ESCAET aujourd'hui ?
La force du réseau, elle est d'abord dans l'intensité des liens qui se sont créés à l'époque. L'ESCAET réunissait des étudiants de toutes les régions qui se retrouvaient à Aix-en-Provence, souvent sans repères locaux. On a naturellement fait des choses ensemble — sport, sorties, événements — et cette vie partagée a créé une vraie solidarité entre les promotions.
Au-delà des liens personnels, il y a une vraie entraide professionnelle. Les jurys de soutenance sont souvent composés d'anciens élèves, ce qui crée des ponts naturels entre les générations. Les étudiants peuvent solliciter l'équipe pour obtenir des contacts dans des entreprises ciblées, et les alumnis s'impliquent volontiers. C'est un réseau vivant, fondé sur la confiance.
Comment imaginez-vous utiliser la plateforme alumni de l'ESCAET ?
On s'est toutes créé un profil sur la plateforme, même si on n'a pas encore eu le temps de l'animer. L'idée d'y partager des aventures comme celle du Trek'in Gazelle, des actualités professionnelles ou des moments de retrouvailles nous motive vraiment. Ce serait une belle façon de contribuer à la dynamique alumni et de montrer aux étudiants actuels que les liens créés à l'école peuvent durer et se concrétiser bien au-delà du diplôme.
Un mot pour l'ESCAET et un message aux étudiants ?
Corinne : "Rien n'est jamais infranchissable." Ni dans le désert, ni dans la vie professionnelle. Si on m'avait dit à quel point ce trek serait intense physiquement et émotionnellement, j'aurais peut-être hésité. Mais le fait de se lancer sans tout savoir, c'est justement ce qui rend l'expérience extraordinaire. Croyez en vous et foncez.
Samira : "Osez." Sortez du cadre. Relevez des défis. C'est comme ça qu'on avance, qu'on se construit et qu'on se rend fier de soi.
Louise : "Aucune décision n'est jamais définitive." Que ce soit un déménagement, un poste, un choix de carrière — il y a toujours une porte de sortie si ça ne vous convient pas. N'ayez pas peur de tester, d'explorer, de vous tromper. Et surtout, allez-y !
Merci à Corinne, Samira et Louise pour ce beau témoignage. Leur aventure illustre parfaitement ce que l'ESCAET cultive depuis toujours : des compétences solides, une communauté durable et l'audace d'aller chercher le meilleur de soi-même.
